Joie enfantine

[Défi une pastille par jour 7/100]

Alors qu’il est parfois si difficile de sortir quand il fait froid…
Comme une joie enfantine à marcher en chaussons dans neige pour quelques photos d’hiver.

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Allant vers en hiver

Cette chronique a failli ne pas voir le jour, ou plus exactement elle a failli être reportée à l’hiver prochain. Mais réécoutant l’émission de France Culture Sur les docks du 24 décembre 2014, A la rencontre du Père Noël, pour alimenter mon propos, j’ai appris que la période entre le 25 décembre et le 5 janvier était particulière : douze jours de raccord entre le calendrier lunaire et le calendrier solaire, Le temps y est à l’envers. Ah ! Je ne l’avais pas noté à la première écoute. Du coup, le sujet de ma chronique n’est pas décalé. Evoquer le solstice d’hiver est encore d’actualité.

Donc.

Il y a près d’un mois, j’ai croisé le Père Noël à un péage d’autoroute. Tenue civile, voiture banalisée, il se déplaçait incognito, mais je l’ai reconnu à ses boucles blanches. Il avait l’air stressé. Stressé le Père Noël ? C’est l’époque qui veut ça. Folie furieuse des fêtes de fin d’année. La Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques vient à peine de se terminer, que tonne l’injonction des milliers de cadeaux et repas gargantuesques, c’est la ruée sur les marchandises : portes ouvertes à la surconsommation. Mais que reste-t-il de la magie de Noël ?

Je me rappelle d’une phrase notée, il y a quelques années, un 24 décembre, au péage déjà : « La fille en vert qui attend l’homme en rouge… » thème pour un hypothétique conte. C’était du temps où la tenue règlementaire était verte. Aujourd’hui, le logo du groupe est rouge. Couleur du Père Noël et de Coca-Cola, même si le lien entre les deux relève de la légende : le rouge du Père Noël représente seulement et plus fondamentalement « l’essence de la vie » et le personnage bonhomme est une figure qui vient s’opposer à la figure ancestrale de Barbe Bleue. Car le Père Noël a été inventé au XIXe siècle pour réhabiliter l’image du père : une figure tendre face à la figure autoritaire. Et Claude Mettra, auteur, le présente — dans  l’émission susmentionnée — comme une invention du patriarcat, rappelant que dans les légendes anciennes, d’avant la société industrielle, c’était à des personnages féminins, notamment aux fées, qu’était dévolu le rôle d’offrir des cadeaux. Oh, oh, oh ! Dans la même émission, Monique Schneider, psychanalyste et psychologue, souligne le caractère double, bisexué, du personnage  symboliquement autant mère que père Noël.

très intéressant tout ça, mais faut-il croire au Père Noël ? Oui, en tant que « rêve qui sauve » comme il est défini au cours de douce nuit l’épisode 0 de la saison 9 de Doctor Who (un extrait là, récapitulatif de l’épisode, en anglais, ici).

DoctorWho_LastChristmas
« Il est scientifiquement impossible pour un renne de voler — c’est pourquoi je le nourris de carottes magiques » explique le Père Noël au cours de l’épisode

Comme on croit au merveilleux. Parce que la vie se nourrit aussi d’imaginaire : « Cette histoire est vraie puisque je l’ai inventée » disait Boris Vian.

Fin décembre, en dehors des fêtes, c’est aussi et d’abord le solstice d’hiver, la période de l’année où les jours sont les plus courts, la saison de la nuit qui convie au calme et au silence plutôt qu’au bruit et aux lumières artificielles qui cachent et gâchent plus qu’autre chose (sans parler des bouchons sur l’autoroute parce que l’hiver on va au ski, même s’il n’y a pas de neige, on en fera venir — pour fêter l’accord international sur la limitation du réchauffement climatique, peut-être ?).

La magie du solstice, c’est quand on s’extrait du temps chronologique pour prendre du recul, quand on s’accorde un temps d’introspection comme le suggère Jean-Jacques Crèvecœur dans une de ses vidéos. Quand on s’octroie du temps allant vers soi.

J’en ai pris conscience cette année. L’année prochaine je pose quelques jours de congés.