Mots codés pour cerveau emberlificoté

Que faire pour ne pas sombrer quand le réseau ronronne et qu’on se sent sans énergie ? Comment maintenir un semblant d’activité cérébrale sur son lieu de travail aux heures creuses ? En remplissant des grilles de « mots codés flash » d’un magazine télé (supplément du journal régional dominical) laissé en cuisine. C’est le seul type de grilles que je me sens capable de remplir.

Les mots croisés, c’est trop compliqué, je n’essaie même pas : trop tordues les définitions. La tête fraîche je trouve péniblement deux ou trois mots, alors avec le cerveau qui a la consistance d’un fromage blanc, non, ça ne va pas le faire. Cela dit, je suis fascinée par la persévérance de Tatiraine qui arrive à bout de toutes les grilles, ou presque, qui lui tombent sous la main. Inspirée après l’avoir vu faire, je tente de relever, parfois, le défi, mais je dois avouer que j’abandonne assez rapidement. Ou alors, je m’aide des solutions parues dans le numéro suivant, mais ce n’est pas vraiment le jeu.

Bref, cet après-midi, je passe directement aux mots codés flash, sans définitions, juste un mot dans une grille aux cases chiffrées. Chaque chiffre correspondant à une lettre, il suffit de reporter les lettres et de reconstituer les mots. Voilà, ça c’est de mon niveau !

Mais bon, je me demande d’où me vient mon manque d’énergie alors que je ne suis pas franchement active et que je ne l’ai pas été non plus ces derniers jours… Et puis je n’aime pas être comme ça, je suis énervée par cet état, je ne supporte rien, surtout pas les chiens du voisinage qui aboient. C’est désagréable et somme toute, assez paradoxal de se sentir à la fois ramollie et énervée. C’est très différent de la colère moteur. Je sais bien que ce serait moins désagréable si j’acceptais mon état, mais je n’en ai pas envie. Je sais bien que c’est l’été, le temps de se poser, se reposer, et se recharger du coup. Je me demande ce qui résiste, malgré tout, malgré moi…
Je crois que j’ai envie de profiter des longues journées et de la fraîcheur du soir et que je me dis qu’il sera bien temps de dormir cet hiver.

Vers en action

Tête lourde, comme engluée.
Energie en berne, corps endormi.
Regarder les chats jouer
Assise en tailleur sur le tapis.

Manger des pistaches par poignées
En attendant que le sol ait séché.

Rester par terre bien au-delà.
S’interroger : dans cet état
Comment passer à l’action ?
Laquelle ? Serait la première question,
Me rappelle une petite voix,
N’aurais-tu pas trop de choses en tête ?
Ah, une énième histoire de choix…
Eh oui, lâche-toi donc les baskets !

Passer à l’action ce n’est pas faire tout.
On peut le traduire par : écrire des vers…
Être en mouvement, en avoir le goût,
Opter pour ce qui rend la vie légère.

Accorde-toi la joie de vivre
Libre, comme l’a chanté Higelin.
Tête en l’air, bras ouverts, ivre
D’amour, et danse sur le chemin.

Je voudrais écrire…

Je voudrais écrire, mais les mots ne viennent pas. Oh !
Où sont-ils enfermés ? Où est cachée la clé ?
Je voudrais ouvrir la cage qui retient les mots,
Les faire s’envoler, les laisser papillonner,
Libres. Les petits, les grandioses, les fins, les discrets…
Les voir tourbillonner, en nuages, en bouquets;
Faire des farandoles; s’associer en phrases nouvelles;
Figures légères sur la page, mouvement tarentelle.

Je voudrais écrire mais l’énergie n’y est pas.
Aussi vive qu’une limace, je ne suis pas à la fête :
La tête dans un étau, plombée, HS, Voilà.
Besoin de repos, de silence. Faire une retraite.
M’éclipser pour quelque temps, loin des bruits du monde.
Me ressourcer en mon sein, trouver la féconde
Paix intérieure. Ecouter la fine vibration,
Celle qui enchante le cœur, révèle l’inspiration.

Pour pouvoir écrire, je vais me montrer
Patiente. M’aérer la tête. Le vide, c’est la clé.