Le mot du jour : pastiche

Pastiche est emprunté, au XVIIIe siècle, à l’italien pasticcio au sens d’ « embroglio » (alors que son sens propre est « pâté », issu du latin populaire pasticium qui a donné par ailleurs pastis et pâtisser) pour désigner d’abord une peinture, puis par extension une œuvre littéraire, dans laquelle l’auteur a imité la manière, le style d’un auteur, soit pour s’approprier des caractères empruntés (on parlera alors de plagiat ou de faux), soit le plus souvent par exercice de style ou dans une intention parodique, satirique. Voilà pour ce que donne la définition du Dictionnaire culturel en langue française.

On imite pour se moquer ou se faire la main, ou les deux à la fois, par jeu, dans un exercice d’écriture par exemple. Moi, ce que j’aime particulièrement, ce sont les pastiches de chansons, ce qu’on appelle parodies ( « chants qui imitent » ) et j’ai déjà eu l’occasion d’en partager sur ce blog : Ma solitude à partir de Ma liberté de Moustaki ou Je m’prends trop au sérieux à partir de Je n’suis pas un héros de Balavoine.

Et là, je me demande ce que pourrait donner un pastiche avec le mot pastiche…

Sur un air de Patricia Kaas :

C’est un pastiche
Pour un défi, oui je suis chiche
C’est un pastiche
Il est pas beau mais je m’en fiche
C’est un pastiche
Avec des rimes plus ou moins riches
C’est un pastiche
Pas un poème à accrostiche
Rien qu’un pastiche

Oui, bon, voilà… Cette petite démonstration n’avait pas d’autre intérêt que celui de jouer avec les mots. Le pastiche est plus porteur quand il a quelque chose à dire. Parfois un simple jeu peut nous mener plus loin que ce qu’on avait prévu. Ça m’est arrivé, il y a des années, à partir d’une comptine.

J’suis descendue dans le métro
J’suis descendue dans le métro
Pour voir si il est faisait chaud
A vot’ bon cœur messieurs dames
A vot’ bon cœur les euros

Dans le métro y fait pas chaud
Dans le métro y fait pas chaud
Surtout quand on n’a pas de manteau
A vot’ bon cœur messieurs dames
A vot’ bon cœur les euros

C’est grâce à la France d’en haut
A ses réformes de libéraux
Que je suis dev’nue une clodo
A vot’ bon cœur messieurs dames
A vot’ bon cœur les euros

Bonjour m’sieurs dames j’suis sans boulot
Bonjour m’sieurs dames j’suis sans boulot
Il me reste plus que mon pipeau
A vot’ bon cœur messieurs dames
A vot’ bon cœur les euros

Je viens en jouer dans l’métro
Je viens en jouer dan l’métro
Pour y gagner quelques euros
A vot’ bon cœur messieurs dames
A vot’ bon cœur les euros

M’sieurs dames qui sortez du boulot
M’sieurs dames qui sortez du boulot
Soyez un peu plus rigolos
A vot’ bon cœur messieurs dames
A vot’ bon cœur les euros

L’exercice prend de l’ampleur dans une démarche revendicative. Ce que fait très bien Gaëtan Thomas. C’est d’ailleurs une de ses dernières vidéos qui m’a inspiré le mot du jour.

Mais, mais, mais, arrivée là, je me demande si le détournement, la parodie engagée relève bien du pastiche finalement… On va dire que j’ai extrapolé, parce que j’accorde plus d’importance au texte et à l’exercice de style, qu’à la mélodie et au chant qui imite.

Patchwork 29/30

Balavoine chantait « Je n’suis pas un héros » , moi, je chante « Je m’prends trop au sérieux » . Sur le même air donc.

Je me pose trop de questions
Des milliers d’réflexions        Ça chauffe
Sous mon crâne le cerveau est toujours en action
Mes neurones se connectent à la moindre occasion

Souvent pour pas grand chose
Et j’voudrais mettre sur pause     Un instant
Me libérer la tête vivre tout simplement
Fini le contrôle et adieu tout jugement

Parce que là aujourd’hui je suis fatiguée
Parce que là aujourd’hui je voudrais crier

Je m’prends trop au sérieux
Mon cerveau se prend pour un dieu
Je m’prends trop au sérieux
J’oublie que la vie est un jeu
Je m’prends trop au sérieux, au sérieux

Planquée sous mon armure
Je parle pas je murmure     Bon sang
Y a pourtant une voix qui me dit d’y aller
Non mais qu’est ce que t’attends, vas-y ose t’exprimer

Ça oui je l’voudrais bien
Mais quelque chose me retient     M’empêche
De laisser rayonner qui je suis en dedans
J’ai peur d’être libre je me mets des carcans

C’est pour ça qu’aujourd’hui je suis fatiguée
C’est pour ça qu’aujourd’hui je voudrais crier

Je m’prends trop au sérieux
J’oublie que la vie est un jeu
Je m’prends trop au sérieux
Mon cerveau se prend pour un dieu
Je m’prends trop au sérieux, au sérieux

Je m’prends trop au sérieux
Mon cerveau se prend pour un dieu
Je m’prends trop au sérieux
J’oublie que la vie est un jeu
Je m’prends trop au sérieux, au sérieux

 

Il suffira.. ou pas

[Défi une pastille par jour 43/100]

Il suffira d’un cygne,
Un mas teint
Un matin toux tranquille
Et ce rein
Tu rimais soie tranquille
Ces cerfs thym
C’était cris dans nos livres
En latin

– Ah… Oui, voilà, c’est pour ça. C’est à cause du latin. La traduction est mauvaise et on ne comprend rien.

– Hein ? Qu’est-ce que tu racontes ? Allez, chut. Je chante :

Il suffira d’un signe
Un matin

– Euh, pardon mais…

Un matin tout tranquille
Et serein

– Là, c’est plutôt le soir…

MAIS LAISSE-MOI TRANQUILLE
UN MATIN
J’aurai tout ce qui brille
Dans mes mains

– Là, je crois que tu as un peu mangé des paroles…

– Oui, et la faute à qui ? Est-ce que tu vas me laisser chanter à la fin ?

– Désolée, mais non, en fait. Et tu sais pourquoi ?

Laisse tomber cette pastille
Elle vaut rien
C’est de la pacotille
Crois-le bien
Lâche ton stylo-bille
C’est la fin
S’il te plaît sois gentille
A demain