Perchée

Debout
Sur une pierre
Un banc public
Une murette
Une chaise

Prendre de la hauteur et une photo
Changer de perspective
De point de vue

Perchée

Comme l’oiseau sur la branche

Un chat sur un pilier

Perchée

Détachée

Prise de distance verticale
Au-dessus des nuages
Sur la lune
Voire au-delà
A quelques années-lumière

Le chat Lune

J’ai rencontré un chat Lune

Enfin, je crois

Il est roux

Comme Bob Caramel

Enfin, non, pas tout à fait

D’un autre roux

Plus clair

Plus crémeux

On dirait une peluche

Enfin, pas exactement

Ce que je veux dire

C’est

Qu’il à l’air tout doux

Et puis il a une tête toute ronde

Quelque chose de lunaire émane de lui

Un je ne sais quoi

On pourrait le croire sorti

D’un tableau de Léonor Fini

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Escapade champêtre, la tête haute

Deux petits cahiers à pages blanches
Tout neufs, tout beaux. Oh !
De belles pages blanches à remplir
Ça m’inspire !
Sauf que me voilà intimidée
Car, attention
Ce ne sont pas des pages à ratures
Ce ne sont pas des cahiers de brouillon.
On ne glisse pas
Un caillou du jardin
Dans un écrin,
Mais un bijou.
Alors je me demande
Ce que j’ai de précieux
A glisser sur le papier
Sous les couvertures illustrées…

Phrases ou graphisme ?
Lettres ou illustrations ?
Stylo ou pinceau ?
Aquarelle ou haïku ?
Poème ou pastel ?
Croquis ou chroniques ?
Textes ou tableau ?
Et pourquoi pas l’un et l’autre ?

191110_Carnets
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Septembre

Hep ! Coucouche panier
Retour au traintrain
Faire comme tout le monde
Rentrer dans le moule
Ah ça non alors !
Jamais de la vie !

J’aime pas la rentrée
Envie de sortir
Envie de m’extraire
Envie d’autre chose
Soif de nouveauté
Besoin d’oxygène.

Fichez-moi la paix !
Laissez moi tranquille
Faire ce qui me chante
En dehors des rails
Vacances en automne
En mode solitaire.

Un pas de côté
Je découvre ma route
Mon itinéraire
Je trace mon chemin
Je crée mon sentier
Libre, libre, libre je suis.

Poème de week-end

Se coucher
Pour une fois
Enfin
De bonne heure
Avec l’idée
De se laisser
Bercer
Par les sons de la nuit
Le vent dans les branches
Le chant des grillons
La circulation
Sur le ruban autoroutier
Au loin
Le ronronnement du chat
Sur les battements du cœur

Déchanter
Sentir l’accablement gagner
En entendant
Le bruit de boite de nuit
Echappé d’une maison voisine

Se relever
Se mettre à la fenêtre
Chercher la source
Identifier la zone
Pester contre le malotru
Puis
Tenter de
Faire abstraction
Se centrer sur son sommeil

Préméditer de partir
Plus tôt
Fenêtres grandes ouvertes
Musique à fond
Pour réveiller
Dans quelques heures
La maisonnée qui
En ce moment
Empêche de dormir
Et désolée pour les autres voisins

Attendre
Impatiemment
L’heure du réveil

S’endormir
Pour deux heures
Ou moins
Avec
La satisfaction
De tenir sa
Vengeance

Le mot du jour : brouillard

Ce matin, il y avait du brouillard quand je me suis levée. Je me suis dit : « tiens, si je pars un peu plus tôt, je pourrai faire des photos en route. » Mais je n’ai pas su le faire… Et puis j’ai raté la route départementale 33b en fin de parcours. Pas à cause du brouillard, non, à cause de la représentation de l’itinéraire que j’avais dans la tête : je m’attendais à devoir tourner à un rond-point… Bref, après un coup de fil, j’ai fini par arriver à bon port, un peu en retard, mais pas trop.

161201_Brouillard
Une photo de 2016 pour illustrer donc, (1e décembre)

Brouillard rime avec buvard. Avec milliard aussi et la rime sonne d’ailleurs plus riche (sans vouloir faire de jeu de mot), pourtant, je préfère buvard. Le brouillard absorbe.

Brouillard est dérivé du verbe brouiller qui vient du gallo-roman brodiculare, issu du germanique bro qui a donné brouet « bouillon, potage » . Tiens, si on ajoute un r au bouillon, on obtient un autre mot de la famille de brouiller auquel je n’avais pas pensé : brouillon. Je me demande si le brouillon boit le bouillon des pensées…

Mais revenons-en au « phénomène atmosphérique naturel produit par des gouttes d’eau extrêmement petites qui flottent dans l’air près du sol et provoquent une diffusion intense de la lumière » comme le définit Le Robert culturel en langue française. Je cite encore un paragraphe :

Propice au mystère, le brouillard est symboliquement lié aux secrets que la plupart des religions élaborent. Les civilisations et les visions du monde des brumes s’opposent à celles du soleil, de la clarté. Mais les brouillards sont mouvants, se déchirent, s’estompent : au lieu d’une obscurité tenace, comme celle des nuits sans lune, ils créent des paysages imaginaires et deviennent un spectacle naturel, à l’instar du nuage […] spectacle naturel dont les écrivains s’emparent.

Alain Rey
Le Robert Culturel de la langue française

L’article cite ensuite Georges Sand. Là, je vois un tableau de Turner.

Si l’on peut se perdre dans un brouillard épais, toutes sortes de choses ou d’êtres — merveilleux ou non — peuvent aussi en émerger. Il suffit d’imaginer… Il était une fois…

Oh, raconte-moi un conte. Et pourquoi pas un poème ?

Quand il est dans ma tête
J’erre, je me sens perdue
Mais si j’ôte mes lunettes
Le brouillard, c’est la vue
Pour la myope que je suis
Je le préfère dehors
Couvrant le matin gris
Cocon moelleux, confort.

En suspension dans l’air
Les gouttes d’eau par milliards
Apportent du mystère
Absorbent le regard
Réveillent l’imaginaire
Silencieux, mais bavard :
Tiens, une toile de Turner ?
Non, du papier buvard.

Pommiers d’amour

Un pommier d’amour tout rabougri en terre
La crainte qu’il ait gelé au cours de l’hiver

Des graines recueillies puis semées
L’émerveillement de les voir pousser

Cinq pommiers potentiels
Mis en pots individuels

Des arrosages plus ou mois réguliers
De l’attention en quantité

La découverte, la joie au cœur,
D’une toute première fleur

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Bonne année 2019 !

Version 2

Et la voilà la nouvelle année !
Comme dans un conte, elle a émergé du brouillard
Avec son lot de doutes et d’opportunités :
Dérèglements, joie, troubles, chagrins, nouveau départ…
L’année 2019 sera-t-elle un bon cru ?
Ou aura-t-elle le goût d’une mauvaise piquette ?
Quelles seront les raisons de  descendre dans la rue :
Prendre l’air, faire la rêvolution ou la quête ?
Avons-nous de quoi espérer ou, au contraire,
Devons-nous craindre l’embrasement jusqu’au chaos,
Un bouleversement, l’effondrement planétaire,
Une apocalypse, Gaïa au bout du rouleau.

Une année nouvelle offre des opportunités.
A toi de saisir celles qui font vibrer ton cœur,
En son sein se trouve lovée ton humanité.
Ose l’exprimer, la partager, car il est l’heure.
Demain fleurira des graines que tu vas semer.
Alors sème ! Entraide, rires, graines d’amour par milliards,
Apporte ta contribution sans hésiter.
Filtrons la boue, comme des racines de nénuphars,
Ensemble, en commun, coquelicots et compagnie,
Œuvrons pour la Terre, allons-y ! Sans résistance
Accueillons le chaos. Hauts les cœurs les amis !
Nous donnerons naissance à des étoiles qui dansent.

Conte de Noël…

Il fait nuit, c’est l’hiver
Inventons quelques vers
Une légende, un conte de Noël
Une ode, un mythe universel
Une histoire extraordinaire
Avec l’art et la manière
Qui commencerait comme il se doit
Par la formule « il était une fois »

Il était une fois la fée Mélusine
Il était une fois sur une planète voisine
Il était une fois un rayon de soleil
Il était une fois à nulle autre pareille
Il était une fois dans un pré une ruche
Il était une fois un lapin en peluche
Il était une fois un très vieil escargot
Il était une fois une chouette indigo
Il était une fois une plume galactique
Il était une fois un pierrot mécanique
Il était une fois dans un bois un faune
il était une fois un peuple en gilets jaunes
Il était une fois une paire de souliers vernis
Il était une fois un dragon endormi
Il était une fois une bille en or
Il était une fois à Oulan Bator
Il était une fois une araignée farceuse
Il était une fois une montagne rêveuse
Il était une fois une puce acrobate
Il était une fois une grenouille astigmate
Il était une fois un chapeau biscornu
Il était une fois sur une terre inconnue
Il était une fois un frêle tapis volant
Il était une fois au cœur du vivant
Il était une fois une fabulette
Il était une fois La Petite Rosette
Il était une fois un timide point virgule
Il était une fois un conciliabule
Il était une fois un cheval d’arçon
Il était une fois un tiroir sans fond
Il était une fois une rivière enchantée
Il était une fois une horloge endiablée
Il était une fois au fond d’une caverne
Il était une fois le roi des balivernes
Il était une fois un bâton de parole
Il était une fois une folle farandole
Il était une fois un mot de travers
Il était une fois tralala lalère
Il était une fois un arbre facétieux
Il était une fois ou peut-être deux
Il était une fois… Abracadabra
Il était une fois : tadam ! Et cetera