Fermeture du cahier des douches cérébrales

Or donc, pendant cent jours, j’ai mis en ligne mon journal des trois pages du matin d’il y a deux ans. D’abord avec quelques coupes et un peu de réécriture et puis de plus en plus en livrant sans retenue mes pages brutes. Ça n’a pas été sans doutes, ni sans interrogations, compte-tenu du contenu…

Il faut dire qu’à la base cet exercice des trois pages — issu d’un ouvrage de Julia Cameron Libérez votre créativité — n’a pas vocation à être partagé. Il s’agit d’un exercice pour soi (je pourrais développer si j’avais le livre sous la main, mais je ne sais pas où je l’ai « rangé » …), sauf que, pour moi qui écris, tout exercice d’écriture devient matière à texte. Et même, tout élément de vie peut devenir matière à texte dans ce mouvement paradoxal où se livrer revient à prendre de la distance avec ce que l’on vit. Cette mise à distance dans le partage des trois pages du matin s’est accompagnée d’une anonymisation des personnes et du changement du nom des chats, mis à part Le P’tit Bouchon arrivé sur cette période puisque son nom de baptême constituait un sujet de réflexion.

En fait, je suis heureuse que le partage des douches cérébrales se conclut le 9 septembre avec l’arrivée de Missy. Il y a deux ans jours pour jour, je mettais en ligne un texte à son sujet, Mission P’tit Bouchon. Ainsi, la boucle est bouclée. Retour aux textes construits, récits, chroniques (aléatoires) et autres poèmes.

Douche cérébrale (100)

9 septembre

Eh hop ! Un nouveau cahier ! Vert. Espoir. Calme. Verdure. Nature. Et un Petit Bouchon, Missy, sur la table. Y a pas à dire. Elle mange beaucoup mieux depuis que je l’ai vermifugée. Donc Missy… Oui. Ce matin au réveil j’ai pensé que c’était un mode, mi si, mais je crois que c’est celui qui n’existe pas. Un instant… Oui, c’est ça. Il n’y a pas de demi-ton entre ces deux notes… Euh… Qu’est-ce que je raconte ? Entre mi et fa c’est bien un demi-ton. Pfffff. Bref. Le mode de mi c’est mi do. Ok. J’arrête d’intellectualiser. Missy. Miss you… Message. Mel. Ah, c’est chouette, Mel aussi. Pffff, La Petite Rosette, arrête de réfléchir un peu. J’aurais dû commencer par un peu de danse. Je ne bouge pas assez. Besoin de m’enraciner. De m’incarner.

Ça fait plaisir de voir Le Petit Bouchon manger copieusement. C’est rassurant. Je devrais dire et écrire : je suis heureuse et rassurée de voir que Le Petit Bouchon, Missy, mange copieusement. Ouaich, pourquoi chercher un autre nom alors que Missy est venu assez rapidement ? La Petite Rosette, cherche pas avec ta tête. Vois ce qui résonne dans ton cœur, ce qui vivre. Euh, ce qui vibre avec un b. Le petit truc qui me titille, c’est que Missy dans Doctor Who n’est pas un gentil personnage. N’empêche, je l’aime bien. Aïe ! Coup de griffe sur le gros orteil gauche ! Ok. Missy. ssipi… Ouaf ! Faut vraiment que je fasse quelque chose pour lâcher M, mon mental. Tu as besoin de te reposer M. Je t’assure. Bon. Et sinon ?

C’est jour de chronique. Je croyais que c’était mardi, je suis perdue dans le temps. J’ai commencé à raconter ma rencontre avec Missy, mais ça me plait moyen. Ça fait trop blablabla. Ça part dans tous les sens, ça manque de structure. Peut-être je vais reprendre avec un schéma heuristique : poser les idées principales, développer les branches secondaires. Et merdum ! J’ai arraché une petite croûte, toute petite au-dessus de la lèvre, et maintenant ça saigne.

Bagheera qui miaule dehors. Je la fais rentrer. Elle vient dans la cuisine, voit Missy, lui crache après et s’en va dans les chambres. Missy ronronne et cherche quelque chose pour jouer. Un essuie-vaisselle, un sac en papier… Insoucience. Oups, comment ça s’écrit ? Insouciance ? Help Robert ! Insouciance. Voilà. Est-ce parce que j’en manque que je ne sais plus l’écrire ? Je m’étais dit hier que je fluidifierais mes émotions et puis j’ai fait autre chose. Ah la la, La Petite Rosette ! Pose-toi ! Prends soin de toi ! Ecoute ce que tu ressens, accueille et libère t’en ou libère toi z en ! En tous cas, fluidifie, fais circuler. Et c’est là que je me dis que je n’ai pas assez, que j’aurais dû travailler le vocabulaire des émotions parce que je dirais que je me sens comment là ? Soucieuse ? Inquiète ? Anxieuse ? C’est du registre de la peur, mais au-delà ? Je veux dire plus précisément ? Il y a de la peur et de la tristesse. Je pourrais aller voir le cercle des émotions dans la BD d’Art Mella. En attendant, c’est du souci que je ressens. Sous si… La… Ah !

Pause accueil des émotions qui font un nœud.

Ça a pris un peu de temps. Le nœud, la boule est toujours là au niveau du plexus solaire. Elle était plus bas, dans le ventre avant. Je sens une boule contenue. Dis donc pourquoi tu n’explose pas ? (Euh en douceur quand même) Parce que je ne t’ai pas reconnue, pas encore identifiée ? Il est où le bouquin d’Art Mella que je mette un nom sur ce nœud. Je me demande… Et si c’était juste une boule d’amour que je contiens et que je n’arrive pas, que je n’ose pas exprimer ?

Douche cérébrale (99)

8 septembre 2016

Ah, ce matin je précise l’année…
Cette nuit, j’ai fait un rêve bizarre. Le four était ouvert et chauffait la pièce. La chaudière ne marchait pas. C’est papa, je crois, qui avait mis le four en route. Il m’a dit que c’était à moi d’appeler le plombier alors je n’étais pas franchement heureuse qu’il ait pris l’initiative d’allumer le four. J’ai réinitialisé la chaudière pour la relancer. Après le rêve se transforme. Il y a pas mal de monde qui discute. Ambiance réunion syndicale ou association militante. C’est d’ailleurs une association féministe. A un moment la responsable (je crois que c’est moi) prend la parole pour constater que les quelques garçons qui sont là ont monopolisé la parole et reproduisent le modèle patriarcal : « c’est nous les gars qui prenons les choses en main » . J’explique qu’il faut être vigilant et que les hommes n’ont pas à se positionner en chef.

Je dors. J’ai sommeil. J’aurais dû me coucher plus tôt hier soir, mais voilà, j’ai traîné sur Facebook. Oh, pas trop. Un peu quand même. Bon, ben là, je crois que je vais devoir aller aux toilettes.

Voilà. Le Petit Bouchon a envie de jouer. Eh ! Comment j’écris moi ? Ah ! Je suis allée lui chercher le chapeau à jouets pour chat. Je ne sais plus quand je l’avais acheté ce chapeau, ni pour qui… Il était à la cave, je l’ai vu il n’y a pas longtemps. Voilà, je l’ai remonté. Ça a l’air de lui plaire.

J’ai mal aux yeux. Ils sont secs. Pas assez dormi je crois. C’est même sûr ! En rentrant de chez la coiffeuse, il faudrait que je passe au Clos des Chats. Je dois passer pas loin. Il faudrait que je leur amène le petit bouchon. En fait, j’aimerais qu’il n’y ait pas de place. Ils étaient complets cet été. Une partie de moi voudrait qu’il n’y ait pas de place. L’autre sait que ça ne va pas du tout avec Walter, Yogeeti, Bagheera et Mirabob. Je ne les vois quasiment plus. J’ai l’impression que c’est surtout pour Walter et Yogeeti que c’est dur. Pendant ce temps, le petit bouchon s’amuse avec le chapeau rose. Je le/la regarde jouer. Il/elle m’a vue. En fait, je crois que c’est une femelle.

Bon, faut que je m’active. L’heure tourne. Quelle heure il est ? Non ! 8H39 déjà ! Aïe, aïe, aïe ! Faut vraiment que je me bouge. Comment c’est possible que ça fasse plus d’une heure déjà que je suis debout ! Ah la la ! Est-ce que je vais avoir le temps de manger un bout avant de partir ? Je vais le prendre. Mais vite.
Vite, vite, vite, je termine ma douche du cerveau.

N’empêche, je suis heureuse de constater que le petit bouchon, Muse, Missy, Miouse… mange. Ah oui, faut que je petit-déjeune, j’ai de la brioche. Miam, miam, miam ! En fait, faudrait que je fasse chauffer l’eau du thé déjà. Ouaich, mais le temps de me lever, de préparer, je perds le fil… Mais de quel fil je parle ? Là, je suis partie à écrire (n’importe quoi et mal) sans lever la plume. Allez, allez ! Ben voilà, suffit que j’écrive que je ne lève pas la plume pour me retrouver bloquée. C’est fou ça ! Allez, allez, encore quelques lignes. Je suis presque au bout. Tout est dans le presque. Oh ! J’ai mal aux yeux ! Ils sont trop secs. Pas assez dormi. Besoin de repos. De calme. Calmer la tête et les esprits. Respiration. Ah oui, tiens, c’est vrai, j’oublie de respirer en conscience. Pourtant ça pose. Ça ramène à l’ici et maintenant.

Douche cérébrale (98)

7 septembre

Bon, alors, Walter m’a réveillée à deux heures vingt. Je me suis demandé si ça valait le coup de me recoucher pour un quart d’heure. Oui. J’ai fait un micro-somme et rouvert les yeux deux minutes avant la sonnerie du réveil. Ouh ! C’est dur quand même de rester debout. J’ai très envie de retourner dormir.
On dirait que je me suis oubliée… Je vais me recoucher jusqu’à la sonnerie du téléphone.
Euh, c’est-à-dire que je ne vais pas oser. Déjà si je me réveille avant la sonnerie du réveil, c’est que je ne vais pas me rendormir.

Je dors debout.

Je me demande si le petit chat va se réveiller… Oh, mais je vais forcément le réveiller en allant chercher mes affaires… Pas cool ça.

La matinée risque d’être rude. Vivement midi et demie. Oui. Je ne suis pas partie que je souhaite être rentrée. Je n’ai pas envie de laisser le petit chat tout seul trop longtemps. Je ne compte pas le garder avec moi et pourtant, le temps qu’il est là, je veux être aux petits soins pour lui. Je ne veux pas qu’il se sente abandonné. Et je préfère être en compagnie de cette petite boule de poils que d’humains. Au point qu’hier soir j’étais pressée de rentrer et que j’ai dû passer pour quelqu’un de très sauvage ou de très fermé. Mais c’était ça en fait. J’étais incapable de m’approcher de qui que ce soit, d’entrer en relation avec autrui. Asociale. Ben oui. Je voulais rentrer. Tendue dedans, prête à faire la gueule à S. qui prenait le temps de saluer tout le monde. Oui, bon, ça va bien là, on y va maintenant. Peut-être qu’on aurait dû venir chacune de son côté et je serais déjà rentrée… Bref, je me suis sentie très mal en fin de journée, début de soirée. Ça m’a fait repenser à la fois où j’étais venue avec C. au dernier atelier de chant. Il y avait un pot à la fin, mais elle voulait rentrer de bonne heure. Hier, c’était moi qui voulais rentrer de bonne heure. Oui et alors ? Ben, ça m’a gêné d’imposer à S. de partir tôt, en même temps j’aurais voulu partir encore plus tôt. Franchement je ne comprenais pas son intérêt à discuter avec tout le monde, à tisser des liens, un réseau, comme elle dit. Je suis trop solitaire pour être dans cet état d’esprit ? C’est qu’en ce moment, en cette période de ma vie, je ne suis pas du tout dans cet état d’esprit. Je ne suis pas tournée vers l’extérieur. Je mène un travail intérieur.

A ce sujet, l’atelier de DG démarre le soir où j’ai un spectacle à la Maison de la Danse… C’est bête. J’attends mon planning pour voir si je peux y aller un autre soir et j’appellerai la Maison de la Danse pour savoir si c’est possible de changer de date. Et puis si ce n’est pas possible, tant pis, je commencerai l’atelier au numéro deux. Voilà. Rien de grave et pourtant ça m’énerve. Je préfère quand les choses roulent, quand tout se met en place harmonieusement.

Je suis dans une période de ma vie où ça accroche, où il faut faire des ajustements et je n’aime pas ça. Ça me dérange, ça m’embête. Ce n’est pourtant pas grand chose, mais quand même. Eh La Petite Rosette, prends ta vie, ton destin en main ! Ah ben oui, vu comme ça… Ok, d’ac ! Je prends ma place. Je ne suis pas disponible à tout bout de champ. (Elle est bizarre cette expression…) Je suis autrice et actrice de mon destin. Voilà. Hier, j’ai osé dire à S. que je souhaitais rentrer. Ben oui. Salut la compagnie !

Douche cérébrale (97)

6 septembre

Le petit bouchon est sur la table. Il a mangé quelques croquettes et de la mie de pain ce matin ! Walter et Mirabob ont l’air d’apprécier ses croquettes. Il ronronne sur mon coude gauche. Oh, Petit Bouchon ce que tu es mignon !
Il va falloir que je cherche à savoir s’il a un humain dans le lotissement. Puis si quelqu’un voudrait bien s’occuper de lui. Le recueillir. Devenir son humain. Quand je le regarde, j’ai envie de le câliner, de rester à ses côtés. Mais je dois penser à Walter, Bagheera, Mirabob et Yogeeti. Je ne peux pas leur imposer un nouveau compagnon. Je ne dois pas les négliger.

D’où tu viens, petit chat gris ? Qu’est-ce que tu viens faire dans ma vie ? Ah, aujourd’hui c’est jour de chronique, je pourrais parler de toi sur mon blog. Ouaich. Raconter l’histoire. Ton apparition dans ma vie. Ma panique. Mon envie de prendre soin de toi. J’ai un cœur assez grand pour mes quatre mousquetaires et toi en prime. Mais je ne peux pas t’imposer à eux. Ah la la la la. Qu’est-ce que je vais faire de toi ? Je t’écoute ronronner dans le creux de mon coude droit (ouais, c’est mieux de ce côté). Je ne voudrais pas te laisser trop longtemps tout seul… Mais cet après-midi, je retourne à Lyon, demain matin je suis au péage. Demain après-midi, je vais chez I… ou pas. On verra. Jeudi, j’ai rendez-vous chez la coiffeuse, je ne sais plus à quelle heure, mais bon, là, ce ne sera pas très long. Ah non, ne rechange pas de bras… Ah, je vais écrire  tout tordu… Et puis ça va te faire bizarre le  bras qui bouge sous le ventre… Et c’est à ce moment-là que mes intestins s’activent. Bon, ben, pause toilettes.

Il y a un couple de merles dans la cour ! Le petit bouchon a envie de jouer. Je vais lui chercher le « truc » pendu à la chaise du salon. Comment on appelle ça ? Une espèce de mobile. Ça l’amuse un peu. Puis le revoilà sur la table.

M comme Mydriase ou comme Missy. Faut que je regarde d’où ça vient Mydriase… Divinité grecque ou quelque chose comme ça.
Faudrait que je me mette à ma chronique.
Est-ce que je dois aller acheter du lait et de la pâtée pour chaton aussi ?
Ou une brioche ? Pour ce soir et demain matin.
Voire des courgettes pour refaire un gratin…
A y est, mon cerveau s’emballe, je me sens à nouveau perdue. J’ai peur de ne pas être à la hauteur. Mon petit bouchon, qu’est-ce que tu viens remuer comme émotion cachée au fond de moi ?
Un air dans la tête. La chanson de France Gall : J’ai besoin d’amour…
Ça va, ça ne le dérange pas que je fredonne sur des ronrons. Cool. On fait un joli duo. J’adore. Trop chou ce petit chat. On est bien là tous les deux. Dans ma tête j’ai tout ce que j’aurais à faire. Mais, là, juste envie de savourer le moment. Je verrai plus tard pour le vidéo-blog, le bilan du premier quart de mon défi des 100 jours (je crois que la prochaine fois je commence un lundi et j’extrais les week-ends). Bon. Mon petit bouchon, va quand même falloir que j’aille me laver la tête. Oh, il fait sa toilette ! Synchrone ! Je vais aller faire la mienne. Je peux laisser la porte-fenêtre ouverte pour qu’il aille se promener. Ouaich. Je ne voudrais pas que l’autre chat en profite pour rentrer, mais je ne crois pas qu’il soit là. Il a déjà eu sa part de croquettes ce matin. Allez, zou, j’y go !

Douche cérébrale (96)

5 septembre

Le petit bouchon est toujours là. Il mange à peine. Je me prépare et je vais à la clinique vétérinaire lui chercher du vermifuge, de l’anti-puces et de quoi manger. Une nourriture adaptée. Il a mangé une croquette friandise que je lui avais écrasée. Pour le reste… Une bouchée de gratin de courgette et un peu d’eau.

Je suis fatiguée mais je ne dors pas.
Ce matin je me suis réveillée avant le réveil. J’avais chaud. Je ne suis pas sûre que ce soit dû à la température extérieure… Ou alors c’est la couette. Avec : trop chaud. Sans : froid.

Le petit bouchon cherche la compagnie d’un chat adulte, mais eux le fuient. Mirabob ce matin et puis le chat de dehors, enfin, non, lui, il n’a pas fui, il lui a craché dessus pour le faire fuir, l’éloigner. Pauvre petit bouchon. Je lui ai installé des peluches sur le divan, mais les peluches ce ne sont pas des êtres vivants. Ce ne sont que des boules de poils inertes. Hier, en allant rendre visite à Y. j’ai vu que M. et son compagnon avaient mis leur maison à vendre. De nouveaux futurs voisins…

Le petit bouchon est sur la chaise en face de moi. Quelle heure est-il ?

Je me sens perdue, je n’ai pas les idées en place. A vouloir m’occuper du petit chat, j’en oublie le reste. Ce matin j’ai des courses à faire. Je n’ai presque plus rien à manger (une part de gratin). Mais qu’est-ce que je pourrais bien préparer ? Aucune idée. Pas les idées claires du tout. Je ne sais pas quoi faire. D’où me vient cette sensation ? Ce sentiment de… de quoi au juste ? D’impuissance ? Oui, peut-être, quelque chose comme ça. Un petit chat entre dans ma maison et dans ma vie et me voilà toute perturbée. C’est qu’entre le stage de René Zosso et le péage, je ne suis pas beaucoup là ces jours. Mais qu’est-ce que je suis tendue ! Est-ce seulement à cause du chat ? J’étais toute intimidée hier pour la première journée de stage. Incapable d’aller saluer quiconque à part qui je connais bien. Et surtout pas l’équipe de Mustradem ! Oh la la ! La Petite Rosette ! C’est quoi ce blocage ?

Le petit bouchon s’est remis à miauler et maintenant à ronronner. Oh, oh, oh, il est entre mes bras sur la table. Difficile d’écrire… Petit Bouchon, ça va lui rester. Mais c’est le M cette année, d’après ce que j’ai pu voir sur la page Facebook des EntreChats. M comme Mydriase… Ou Missy… Oui, mon petit bouchon, je vais aller te trouver de quoi te nourrir correctement. Je me demande pourquoi il ne veut pas de la pâtée cela dit. Pffff, mais qu’est-ce que je fais là à tergiverser. Bouge-toi La Petite Rosette, il y a un petit chat qui a besoin de toi ! Qui a besoin d’être nourri et soigné. Le clinique véto doit bien être ouverte maintenant. Quelle heure il est ? Je ne vois rien en contre-jour. Je ne vois pas bien quand je suis fatiguée. Il veut un câlin le petit chat. Oh, le voilà sur ma nuque. Ah ben non, il ne s’installe pas, le revoilà sur la table. Je vais t’acheter à manger petit chat. Oui, oui, oui, je m’habille et j’y vais. Pauvre pitchoun embêté par les puces. Je vais y aller. Vite, vite, vite. Je vais y aller. Je te ramène tout ce dont tu as besoin. Et pour mes courses à moi ? J’y retourne après ? Ou je les prends en même temps ? C’est-à-dire que comme je n’ai pas les idées claires, ça me semble difficile de m’arrêter à La Vie Claire. Aucune idée de ce que je veux acheter, de ce que je veux manger… Je fais diète ou bien ?

Douche cérébrale (95)

4 septembre

Le petit bouchon a passé la nuit à la maison. Ce matin il miaulait quand je me suis levée. J’ai cherché quoi lui donner à manger. De la pâtée au poisson. Il n’en a pas voulu. De la pâtée au poulet. Il n’en a pas voulu non plus. Du lait ? Végétal ? Du lait de soja. Ça ne lui a pas plu. En désespoir de cause je lui ai servi du gratin de courgette et il en a mangé ! Ouf. Il ne mourra pas de faim aujourd’hui. Il est tout maigre. Je doute qu’il ait un humain en fait. Il s’est approché de Mirabob qui lui a senti le museau puis s’est éloigné. Yogeeti l’évite. Pour l’heure Walter est en haut et Bagheera… Je ne sais où. Qu’est-ce que je vais faire de ce petit bouchon ? Pour le moment, le requinquer. Je me suis dit que je pourrais passer à Carrefour lui acheter une boîte adaptée, je veux dire de la pâtée pour chaton. Que je pourrais aller demander conseil à la clinique vétérinaire. Demain matin. Aujourd’hui, il y a le vide-maison. Y. est venu chercher les cartons que j’avais préparés hier. Faudrait que j’aille faire un tour avant de partir à Lyon pour la première journée du stage de René Zosso. J’ai encore des textes à imprimer et vérifier si S. m’a répondu pour savoir à quelle heure on part. Je me sens un peu perdue là. Je crois que c’est à cause du petit chat… Autant pour le gros qui vient faire son tour dehors, les choses sont claires : tu n’es pas chez toi et tu ne rentreras pas ; autant pour le petit bouchon, c’est plus délicat. Faut que je réussisse, euh, que je convoque une communication de famille avec mes autres, euh disons, avec la tribu ? Je ne me sens pas du tout à la hauteur. Je me dis que je ne vais pas y arriver. M’enfin, Petite Rosette ! Un peu de confiance. Ouvre ton cœur ma belle et laisse parler ton ressenti. Arrête un peu de mentaliser. Oui, M, relaxe, lâche un peu le contrôle. Ce n’est pas facile d’apprendre à faire confiance à la vie, à prendre les événements pour ce qu’ils sont, des expériences. Je voudrais que tout soit parfait et je bloque sur le moindre aléa. J’avais dit que je privilégiais Walter, que je n’accueillerais pas un autre chat et puis voilà un petit chaton chétif… Il ne va pas rester Walter. C’est juste le temps de le requinquer… Tu peux l’entendre ? Il n’est pas là pour empiéter sur ton territoire. Seulement le temps d’une convalescence. Tu comprends ? Il ne te fait pas craquer ce petit bouchon ? Moi, oui. Et j’ai envie de l’aider. Il est là sur une chaise de la cuisine. Il se repose. La machine a fini de tourner semble-t-il. Je vais aller sortir la couette et la faire repartir avec les draps. J’ai cru halluciner ce matin à quatre heures et demie quand Walter m’a réveillée pour sortir. Je trouvais qu’il y avait une odeur. C’était la couette en fait. Le coin était mouillé… J’ai tout mis à laver, changé les draps. Pas besoin de couette, j’avais un coup de chaud. C’est plus tard que j’ai eu froid. Je me suis relevée fermer la fenêtre et me couvrir d’un paréo. Bon, allez, c’est pas tout ça, mais l’heure tourne. Il est temps que je m’active, même si je me sens perdue. Un peu à l’ouest…

Je reconnais et j’accepte de me sentir perdue…

Douche cérébrale (94)

3 septembre

Le petit chat gris est revenu faire un tour hier soir. Qu’est-ce qu’il est mignon et drôle ce petit chat. Il s’est promené un moment dans le salon et puis il a disparu. Par contre, j’ai à peine aperçu Walter. Il n’a même pas mangé de croquettes. Je me demande où il a bien pu passer… Walter, ce n’est pas le petit chat qui te fait fuir quand même ? C’est un voisin. Et s’il n’a pas d’humain, eh bien je le proposerai à L. à son retour de rééducation. S’il n’habitait nulle part, il ne viendrait pas seulement le soir ? Il resterait dans le coin tout le temps, non ? Avant de décider de le proposer à L., je mettrai sa photo sur la boîte aux lettres des fois que quelqu’un le cherche. Mais je n’en suis pas là. Pour l’heure, j’ai vu Mirabob et Bagheera ce matin. Ni Yogeeti, ni Walter, mais Yogeeti était là hier soir lui. Je me demande si je pourrais entrer en communication avec Walter… Ce n’est pas l’idéal de commencer avec ses propres animaux, mais je voudrais lui expliquer qu’il n’a rien à craindre, que j’ai entendu le message : il est là chez lui et je ne vais pas faire venir d’autres chats — ni même d’autres animaux — sans son accord. Je n’ai pas l’intention d’accueillir tous les chats du voisinage. J’entends la voix de Brasses dans une version détournée d’une de ses chansons : tous les chats, tous les chats du village étaient là là là là là là là, étaient là là là là là là…

Ah, ça mange. Qui est là ? Le chat du voisinage, l’adulte. Dehors le chat, tu n’es pas chez toi. Je croyais qu’il avait compris lui. Ouaich, il a compris peut-être, mais il s’en fiche. La porte-fenêtre est ouverte, je fais comme chez moi…

J’ai un énorme bouton au-dessus du menton. J’ai cherché à le percer hier mais il n’est pas mûr. Qu’est-ce que ça me ferait plaisir de le vider. Faut que j’attende. Que je patiente.

Je voudrais bien que Walter soit là, à la maison, quelque part en train de dormir. Sur mon lit. Dans un coin. Pourquoi j’imagine qu’il est parti ? Il aime bien la voisine, il est peut-être seulement à côté. Ho’oponopono à l’attention de Walter ? Je t’envoie de l’amour mon gros. il n’est pas bête. Il sait. Il ressent. Il n’est pas loin. Bien sûr que ta place est ici Walter. Je suis perturbée, enfin non, ce n’est pas le mot juste… Je m’interroge sur cette histoire que je n’avais pas ma place quand j’étais petite… Oh panne d’encre !

Voilà, j’ai fait le plein.

Je commence à avoir faim alors que j’ai mangé tard hier soir. Est-ce que je mange avant l’arrivée d’I. ? Je ne pensais pas que j’aurais faim. Quelle heure est-il ? Huit heures moins le quart. J’ai le temps de manger un morceau. Une tartine. Avec un thé. Ou un café. Un thé. Bon. J’en étais toujours à Walter avant de passer à autre chose… Non, à quand j’étais petite. Ouaich. Je pense à Walter. Je ne sais pas si je dois m’inquiéter. Je pense que non, mais j’ai une partie inquiète malgré tout. Allez mon côté inquiet rassure-toi. Ne fabule pas. Ça ne sert à rien de fabuler. Ça fait partir loin pour rien. Je suis ici et maintenant dans la cuisine en train de prendre ma douche cérébrale. L’encre du stylo-plume s’imprime sur le papier (euh, on dit s’imprime ?). J’ai juste chaud. Je vais aller m’habiller plus. Je ne sais pas comment… Mes pantalons d’été sont soit au lavage, soit à repasser…

Douche cérébrale (93)

2 septembre

Hier soir, j’ai cru halluciner quand j’ai vu la bouille d’un chaton gris derrière la porte-fenêtre. Je ne sais pas à qui il est, quel est son humain, mais qu’est-ce qu’il était choupinet. Il a dû s’égarer un peu. A moins qu’il soit en pleine exploration du quartier. Bref. Bagheera lui a craché après. Pas sympa Bagheera. Et puis il est revenu. Il a croisé Mirabob qui a miaulé un peu, lui a senti le museau. Je regardais la télé (un film avec Catherine Deneuve que j’ai loupé au ciné quand il est sorti), la porte-fenêtre était entrouverte, je l’ai vu rentrer. Il était trop chou. J’ai fait un truc que je n’aurais pas dû c’est lui donner un peu de pâtée. Il a fait son petit tour et puis il est reparti. A croquer ce petit chat. Je me demande de quelle maison il vient…

Je viens de fermer la porte-fenêtre parce qu’il y a un petit air frais et voilà que Yogeeti veut rentrer.

J’ai une dent, voire deux qui me titillent. Oui, je sais, il faudrait, il va bien falloir que je prenne rendez-vous chez le dentiste. Même si ça me coûte, même si je n’ai pas envie du tout. Bouh.

J’ai oublié de ramasser des tomates hier en allant arroser. Je vais le faire ce matin. Comment je mange aujourd’hui ? Faut que je prévois un peu vu que je travaille cet après-midi. Je regarde la porte du lave-vaisselle qui n’a pas tourné depuis deux ans je pense. Il y a tous ces supports aimantés que je devais habiller, sur lesquels je devais coller une belle image. Ouaich, pas encore fait. Mais faudrait surtout que je vire le lave-vaisselle et que je le remplace par un placard. J’ai vidé un peu la cave hier. Il reste encore beaucoup de bazar, mais je ne peux pas tout amener à Y. pour le vide-maison. J’ai quand même plusieurs cartons dans le garage. Et j’ai mal partout, à force d’être descendue et montée un nombre incalculable de fois. Il y aurait le grenier à vider aussi. Il doit y avoir plein de vieux jouets. En bas, il y a pas mal de choses à mettre à la poubelle en fait. Des vieux magazines. Causette, Charlie Hebdo… A quoi ça sert que je les garde ?  A rien. Je ne suis pas collectionneuse. Ouais, faut tout que je vire. Faire de la place. Laisser l’air circuler.

Bon, je crois que Yogeeti veut manger. Non, il veut ressortir.

Faire le vide, me séparer de ce qui n’est plus utile. Oui, oui, oui. Il y a les dossiers syndicaux aussi que je n’ai toujours pas rapportés au local syndical. Il y a aussi le plus gros : la chambre de papa. Mais là, l’embêtant c’est que je me sers de l’armoire : où je range mes affaires le temps de refaire la pièce ? Telle est la question… La réponse n’est pas mûre. Comme les deux boutons que j’ai sur le menton. Pas la peine de chercher à les percer. Pourtant ça me démange…

J’ai faim. allez La Petite Rosette, presse-toi. Il est l’heure de boire un bol de thé. Accompagné de tartines ? Une. J’attaque à deux heures, si je veux déjeuner avant de partir, faut pas trop que je mange maintenant. Et c’est mieux de faire un vrai repas avant de partir, plutôt que d’emmener un encas pour le milieu de l’après-midi. Ouaich. Je n’ai pas la tête bien réveillée, par contre j’ai faim. Ok, ok, je fais chauffer l’eau et je sors pain, miel et tahin. Miam, miam, miam. Je vais me régaler. J’aviserai plus tard pour la suite. Je mange tout décalé en ce moment.

Douche cérébrale (91)

31 août

Ouf ! Je ne sais plus où je suis… Non, non, je ne suis pas perdue comme lundi, c’est juste que j’aurais bien dormi encore, que je n’ai pas assez dormi. Pas sommeil hier soir après avoir réussi à mettre mon quatrain, un quatrain, en ligne. Ça a été un peu long parce que je voulais mettre une photo de beau fixe en arrière plan et qu’il a fallu trouver la bonne. Une fois la photo en ligne, je n’avais plus envie d’aller me coucher. Par contre, quand le réveil a sonné à neuf heures moins cinq, je n’avais pas envie de me lever… Walter m’a réveillée une première fois à quatre heures pour sortir et puis un oiseau vers sept heures je crois. Trop tôt pour me mettre debout. Et là, je dormirais bien encore… Mais voilà, je travaille à midi et demie, comme hier, et faut que j’aille acheter des petites boîtes de pâtée pour les chats parce que je ne vais pas en avoir assez pour jusqu’à demain… Aïe, aïe, aïe ! Va falloir que je me réveille assez rapidement là.

Il y a Mirabob à côté de moi qui attend pour manger. Ok, minou, je viens. Voilà. Le chat du voisinage ne squatte plus la terrasse. Je crois qu’il a compris que je ne le ferai pas rentrer. Que sa place n’est pas ici. Je suis contente pour Walter.

Bon. Ce serait bien que je me réveille… Un verre de jus de carotte avec une cuillère de nigari devrait me faire du bien. Je vais faire rapidement des courses ce matin : boîtes à chats, œufs et puis… pain peut-être. Pour le reste, j’y retournerai plus tard. J’ai de quoi manger. Ah, un paquet de biscuits au sésame, peut-être… Bref, je sors pour trois courses.

Faut pas que j’oublie d’emmener le pot de confiture aujourd’hui. Je voulais le faire hier, mais j’étais un peu à la bourre… N’empêche, je suis fière de moi. Hier, j’ai changé les ampoules des feux arrière droit, remis de l’huile et rempli le lave-glace. Voilà. C’est fait. Je suis capable de le faire. Eh oui.

J’ai froid au bout du nez… Je me sens fatiguée mais heureuse. J’espère que ça va être cool cet après-midi. Plus qu’hier. Non, parce que les sonneries des appels, ça donne mal à la tête. Y a un truc de bizarre qui se passe au péage de Villefontaine. Des usagers appellent pour dire que des gendarmes les ont fait rentrer sur l’autoroute pour leur donner une amende et leur ont dit qu’ils pourraient sortir ensuite sans payer de péage. C’est la deuxième fois que ça arrive. Je ne sais pas qui sont ces gendarmes, mais ça m’a l’air d’être des cow-boys qui se prennent pour des chefs ou des maîtres du monde (bon, là, j’exagère). N’empêche, faudrait leur faire savoir qu’on ne fait pas rentrer des gens sur le réseau en leur faisant croire qu’ils ne paieront pas de péage. La prochaine fois, je note clairement en détail l’incident sur le livre de bord. Pour l’heure, je ne suis pas au boulot, je suis à la maison, je me réveille doucement.

Retour à mon environnement. A mon cadre de vie. Hier, j’ai vu un merle dans la cour. Je me suis rappelé que ça faisait longtemps que je n’avais pas mis de pages de péage en ligne. Bon, ce matin, ça ne va pas être possible, mais ce soir peut-être… Ou alors demain.