Jour de vote

[Défi une pastille par jour 98/100]

Interrogation du matin : l’escargot va-t-il danser ou pleurer dans sa coquille ce soir ?

Je me suis rendue une première fois au bureau de vote ce matin. Quand j’ai vu la foule devant la petite salle du canal, je suis rentrée sans m’arrêter. Un tour pour rien : n’ayant pas encore déjeuné, j’avais faim.

Je suis revenue un peu avant midi. Lentement. Devant moi, une 307 freinait dans la descente… J’ai été soulagée de la voir tourner à gauche au stop alors que je filais de l’autre côté.

Il y avait encore du monde devant le bureau de vote, mais je n’avais plus le choix : c’était maintenant ou pas. Une dame se plaignait de l’organisation : il fallait aller chercher les bulletins sur une table placée à droite dans la salle, traverser la file d’attente pour se rendre dans l’isoloir à gauche et revenir faire la queue au milieu. Je me suis dit que j’allais être en retard au boulot. Sans penser au lièvre de la fable, mais à l’escargot.

J’ai sorti mon portable, souri en découvrant le texto interrogateur de Tatiraine et prévenu mon collègue en poste. Une dame en gilet rose m’est passé devant quand je m’engageais vers la table des bulletins, un homme a fait de même alors que j’attendais mon tour pour aller dans l’isoloir. J’ai ronchonné intérieurement.

Le bon bulletin mis sous enveloppe, je suis venue me fondre dans la file, à quelques pas derrière la dame au gilet rose, me plaçant ainsi devant un certain nombre de personnes qui auraient très bien pu ronchonner, intérieurement ou pas… Eh oui !

Il était midi et quart quand j’ai déposé mon enveloppe dans l’urne en reprenant la dame de la mairie qui, carte électorale en main, m’annonçait mademoiselle : pour moi c’est madame parce qu’il n’y a pas de raison qu’on fasse une distinction au féminin alors qu’il n’y en a pas au masculin. Et puis j’ai filé. A plus de cent trente sur l’autoroute sans avoir pour autant l’impression de rouler vite, ne faisant que suivre le flux. Qui plus est, des voitures me doublaient. Je me suis demandé s’il était possible que l’indicateur de vitesse soit déréglé…

Il était encore midi et demie quand je suis arrivée au péage. Ouf ! C’était parti pour huit heures, les élections entre parenthèses, avant les premières estimations du soir.

Ce soir, je me suis changé les idées en regardant les deux épisodes de la deuxième saison de Dix pour cent diffusés mercredi dernier.