Par un samedi d’été de repos

Ce matin, je me suis demandé si je passais au magasin de chaussures de La Tour du Pin ou à celui de Bourgoin (en haut de la rue piétonne) pour me trouver une paire de chaussures fermées parce qu’on n’a pas droit aux nus-pieds au boulot et que mes deux paires de ballerines, l’une noire, l’autre rouge, commencent à être bien usées. J’ai aussi une paire de ballerines noires et neuves, mais avec leur bout verni, je ne me vois pas les mettre pour aller travailler.

En partant en tout début d’après-midi, j’aurais pu faire les deux magasins avant l’heure de la séance de cinéma, seulement, je savais que je ne saurais pas partir d’assez bonne heure. J’ai préféré m’aider des chaises pour choisir dans lequel des deux me rendre. J’ai posé la question à voix haute en fixant Bourgoin sur la chaise côté sud et La Tour sur la chaise côté nord et j’ai laissé mes pas me guider vers le pôle le plus attractif. Chaise au sud. Sûr ? Oui. Ok, je me rendrai directement Au Soulier D’or. Et là, je me dis que rien que le nom de la boutique me fait rêver en fait. Beaucoup plus que Nany chaussures.

Je prévoyais donc de partir à deux heures et quart. Seulement, au moment où je mettais à cuire, pour quarante minutes, ce qui devait constituer mon repas — fenouil, tomates et pommes de terre —, j’ai réalisé que ça allait faire juste : il était déjà treize heures treize. Comme je n’avais pas très faim, après mon petit-déjeuner de dix heures, je me suis contentée de crudités, de fromage et d’un choco en guise de dessert. Je suis finalement partie à deux heures et demie passées en me disant que j’aviserais une fois à Bourgoin : si je n’avais pas le temps de passer au magasin de chaussures avant le cinéma, j’irai après.

Je me suis garée, à l’ombre, à trois heures moins cinq, j’ai entré l’immatriculation de ma voiture dans le parcmètre pour bénéficier de la demi-heure gratuite et j’ai remonté la rue. Il n’y avait personne dans la boutique. En à peine un quart d’heure j’avais trouvé mon bonheur : une paire de ballerines grises et blanches à fleurs. J’ai regagné ma voiture avec entrain et suis arrivée en avance au cinéma. Il n’y avait pas grand monde pour les séances de milieu d’après-midi. Pas de queue à la caisse. J’ai pris mon billet numéroté G9  et ai attendu que soit donné l’accès aux salles. Quand la dame de ménage a annoncé que la salle 9 était disponible, j’y suis entrée. Constatant qu’il y avait du popcorn sur les sièges de la rangée G, je me suis installée en F. Deux jeunes femmes sont entrées à leur tour. Elles se sont assises sur la même rangée que moi, puis ont décidé, à l’entracte, de se déplacer en G — côté sans popcorn, j’imagine.

wildroseposterEt donc nous étions trois pour regarder Wild Rose, un très chouette film sur une chanteuse de country de Glasgow. C’est puissant la musique chantée avec les tripes. C’est émouvant la musique chantée avec le cœur. Nous avons été au moins deux à sortir un mouchoir. J’ai presque eu envie d’aller acheter la Bande Originale du film en sortant du cinéma. Et puis non, je suis rentrée. J’irai un autre jour, avec mes ballerines fleuries, m’offrir l’album de la chanteuses aux santiags blanches.